23 mai, 2005

Céline 22 -

« Mes amis, accueillons comme il se doit nos trois nouveaux novices. Formons la chaîne d’union. » Ils établirent un cercle au milieu de la pièce en se tenant les mains, bras tendus, légèrement inclinés vers l’avant. Chaque enfant était entouré par deux adultes. Tous regardaient monsieur Le Gwarder, lui avait les yeux mi-clos, ne regardant personne en particulier. Il tenait toujours sa baguette, dirigée vers le centre du cercle.
« Trois nouveaux maillons se sont joint à nous pour former cette chaîne qui nous vient du passé et va vers l’avenir. Elle symbolise la solidarité qui nous unie. A travers elle circule la Force et la Beauté. Concentrons-nous et méditons »
Les mains se resserrèrent. Un peu surpris, les enfants en firent autant. Une douce chaleur emplit tout le corps de Céline. La fameuse vibration refit son apparition, à peine perceptible. Il lui semblait percevoir une musique, une musique céleste, qui venait de nulle part ou plutôt si, elle lui venait de l’intérieur. Impossible de savoir si c’était un instrument ou une voix. Il lui était bien difficile de se concentrer, tout cela était tellement étrange et inattendu ! Elle en était sûre, le plus grand silence régnait dans la pièce.
Tous les regards convergeaient vers le milieu du cercle. Elle y fixa son attention, concentrant son esprit au maximum, laissant son corps s’imprégner des seules perceptions internes. Elle ressentit progressivement monter en elle une grande plénitude, une extraordinaire impression de bien-être. Tous ses sens étaient en alerte. Il lui semblait que son corps flottait, qu’un halo lumineux se formait sous ses yeux, là, au centre, comme un soleil. La vibration augmenta en intensité. Elle ne voyait plus personne mais ressentait tout le monde. La symbiose était parfaite entre tous les membres.Soudain la baguette se releva, une dernière pression des mains et la chaîne fut rompue. Les bras ballants, Céline reprenait doucement ses esprits, encore un peu étourdie. Son voisin la prit dans ses bras pour la féliciter. C’était son père.

Céline 21 -

« Toi, Céline »
« Oui, j’accepte »
« Toi, Samantha »
« Oui, j’accepte »
« Toi, Thomas »
« Oui, j’accepte »
Il s’avança vers eux et tendit sa baguette à l’horizontale
« Tendez la main droite en avant et répétez après moi : sur l’acacia et sur mon honneur … je sollicite mon adhésion dans la Communauté de Shana … je promets d’en respecter les règles et les obligations … de porter assistance à tous les membres en danger … je ferais miens les principes de Solidarité et de Fraternité … j’œuvrerais à la défense de la Paix et de la Liberté et lutterais sans merci contre les forces du Mal … je jure de n’utiliser mes dons que pour ces nobles causes …et de ne divulguer à personne, en dehors de la Communauté … l’existence de ses membres et de leurs particularités ... Dites : ‘je le jure’ »
« Céline » « Je le jure »
« Samantha » « Je le jure »
« Thomas » « Je le jure »
« Mettez un genou en terre ... Au nom de tous les membres ici présents et en vertu des pouvoirs qui m’ont été conférés, je vous accepte, déclare et consacre membres de la Communauté de Shana au titre de novice »
Il s’approcha de Céline, par trois fois de sa baguette il la toucha, sur l’épaule droite, sur l’épaule gauche et sur le cœur. Il la releva par les épaules et l’embrassa. « Désormais, c’est debout que tu marcheras vers l’avenir »
Il fit de même pour les deux autres novices.

20 mai, 2005

Céline 20 -

Encore une fois les trois jeunes adolescents n’eurent pas besoin de se concerter pour lancer en chœur un « oui » tonitruant, presque un cri de soulagement. Insidieusement, progressivement, la tension était montée dans la pièce. Ils sentaient que l’instant devenait grave. Ce « oui », ils l’avaient dit avec leurs tripes pour relâcher la pression qu’ils n’avaient pas sentie monter.

Monsieur le Gwarder n’avait pas repris la parole. Ce petit flottement surpris les enfants, ils se regardèrent avec une lueur d’inquiétude dans les yeux. Enfin il reposa les deux mains sur ses genoux : « qu’il en soit ainsi » et se leva. Immédiatement, les autres adultes se mirent debout. Voyant cela, les enfants s’empressèrent de les imiter
Le Gwarder se retourna, tout en portant sa baguette à hauteur de son épaule gauche. Son regard se posa sur chacun des adultes présents. Dans une sorte de ballet bien réglé, ils s’inclinèrent tour à tour puis en se redressant portèrent leur main droite, point resserré, sur la clavicule gauche. Le maître de cérémonie refit face, la baguette toujours dans la même position. Son visage buriné par les ans, sa longue chevelure blanche, son allure solennelle, il émanait de toute sa personne une aura quasi surnaturelle. La tension était à nouveau palpable
« L’assemblée ici présente approuve votre demande. Pour que celle-ci soit définitive vous allez maintenant devoir prêter serment. En effet l’honneur de faire partie de notre communauté impose des règles, des obligations et des devoirs. Il ne vous sera rien demandé de subversif ou contraire aux bonnes mœurs. Ce serment vous le déclarerez non pas sur un livre sacré où une constitution que vous ne connaissez pas mais sur un objet hautement symbolique, cette baguette »
Dans un mouvement ample il la pointa vers eux. Ils redressèrent le buste de surprise et reculèrent d’un petit pas.
« Cette baguette a été taillée dans la branche d’un acacia qui se dressait sur les terres d’Armorique il y a plus de deux milles ans. A travers mes ancêtres, j’en suis le fidèle gardien. L’acacia symbolise, entre autre, le renouveau perpétuel.Acceptez-vous de prêtez ce serment ? »

Céline 19 -

« Je vais maintenant vous demander de me croire sur parole. Je sais que ce n’est pas facile, que vous mourrez d’envie de tout comprendre, de tout savoir… Patientez un peu ! Voulez-vous me faire confiance ? »
Il avait le regard calme, empreint d’une grande sérénité en les regardant les uns après les autres. Ils n’eurent pas besoin de se consulter pour répondre « oui » d’une seule voix chaleureuse.
« Le don que vous possédez, que nous possédons, n’a rien de magique. Simplement la science à ce jour n’a pas encore mis à jour les stupéfiantes possibilités de l’homme ni réussi à développer certaines aptitudes souvent mises en exergue par certains journaux à sensations. Les milieux scientifiques, dits autorisés les ont toujours tournées en dérision parlant de charlatanisme. Cependant nous savons que les militaires ont lancé beaucoup de recherches sur ces phénomènes appelés communément paranormaux, sans vraiment beaucoup de succès pour le peu que nous en sachions. Cela a même fait le sujet de nombreux films de science-fiction.
Vous êtes donc en quelque sorte des enfants surdoués. Vous avez aussi remarquez que ce don, vous ne pouviez pas l’exercer seuls. Il fallait vous unir. De l’union naît la force. La force est en nous. C’est un de nos saluts. Cette force, nous nous sommes promis de ne l’exercer qu’à bon escient, en accord avec notre déontologie. Comprenez-vous ce que cela signifie ? »
« Heu… que l’on ne doit pas l’utiliser pour faire des bêtises ? » répondit Céline
« Qu’il ne faut pas le dire aux autres ? » proposa Thomas, réprimant son geste de lever la main
« Qu’il ne faut s’en servir que pour se défendre » affirma à son tour Samantha, ne voulant pas être en reste.« Parfait, je n’en attendais pas moins de vous trois. Maintenant je dois vous poser une question. Voulez-vous intégrer notre communauté ? …. Prenez votre temps… Si vous dites non … ce n’est pas grave ! … Nous effacerons en vous le souvenir de cette conversation… Héhé ! … c’est aussi une nos petites spécialités… »

Céline 18 -

« Ensuite, j’ai demandé à tous les membres disponibles de me rejoindre ici chez Caroline afin que nous puissions analyser la situation et agir en conséquence. Pendant nos discussions, nous avons continué à vous suivre. Hé oui! il n’y a pas que vous qui aillez certains petits dons sortants de l’ordinaire. C’est même la raison principale de cette assemblée. Mais nous en reparlerons un peu plus tard. Nous avons ressenti votre heu… liaison avec Samantha. Nous avons été totalement rassurés quand vous avez éloigné les ravisseurs. Vous avez réussi là un exploit de première importance à nos yeux. Ce que vous avez fait relève d’une ancienne pratique dont les origines remontent à la nuit des temps. Elle nous est connue par une antique légende que je vous raconterais le moment voulu. Sachez seulement pour l’instant que cette pratique, ce don s’est transmis de générations en générations. Vous en êtes les dignes héritiers.
Vous avez également développé des qualités de courage, d’initiative et de solidarité avec votre amie. Ce sont là des qualités que nous apprécions tout particulièrement. Nous aspirons au bonheur de l’humanité et défendons des valeurs essentielles, approuvées par tout homme de bonne volonté : ‘ Liberté, Égalité, Fraternité.’
En dehors de quelques acrobaties, aux pieds des marches (petits rires dans l’assemblée !), nous avons pu constater qu’à tous les trois vous aviez plusieurs cordes à votre arc. N’est ce pas Thomas, avec la porte ? N’est ce pas Samantha avec ton anticipation ? »
Les enfants étaient sidérés. Une sorte de gouffre s’ouvrait sous leurs pieds et la tête commençait à leur tourner. Les yeux écarquillés ils observaient les adultes en face d’eux qui avaient le regard à la fois grave et serein.
Le Gwarder sortit alors de sa veste sa baguette de chef d’orchestre et reprit le discours qu’il avait interrompu une seconde afin que ses paroles puissent être parfaitement assimilées par nos trois collégiens

Céline 17 -

« Mes enfants, suite aux derniers événements que vous venez de vivre, nous vous devons quelques explications. Vous vous êtes demandez pourquoi nous nous sommes tous réunis ici pour vous accueillir après la séquestration de Samatha. Ce que vous devez savoir tout d’abord c’est qu’en début d’après-midi, alors que ta mère commençait sérieusement à s’inquiéter de ton absence – ton portable était sur ta messagerie – elle a reçu un coup de téléphone des ravisseurs. Non, rassure-toi, elle n’a pas eu mal » dit-il avec un petit sourire devant le regard horrifié de Samantha. Elle se détendit
« Ils lui annonçaient qu’ils t’avaient enlevée et voulaient parler à ton père. Comme tu le sais, il est en voyage d’affaire en Ecosse. Bien entendu ils ont demandé à ce qu’elle n’appelle pas la police sans quoi ils promettaient le plus funeste destin à Samantha. Ils ont promis de retéléphoner en fin de journée pour mettre au point un protocole de versement de rançon. A la suite de la communication, elle m’a appelé au conservatoire. Elle m’a appelé parce que nous nous connaissons de longue date, bien avant ta naissance. Il se trouve d’ailleurs que tous ici formons une sorte de communauté. Angèle nous a rejoint la dernière. Elle en est aussi la plus jeune.
A la suite de cette nouvelle et avant de la rejoindre j’ai décidé d’aller vous voir, toi Céline et aussi Thomas. En effet nous vous observions depuis quelques temps et avions remarqué quelques changements dans votre comportement. J’ai voulu vérifier par moi-même et effectivement j’ai ressenti quelque chose. Hum ! vous aussi je crois, non ? »
Il fit un léger mouvement de tête ironique vers les deux enfants. Visiblement le courant passait à nouveau comme dans la salle de répétition. Ils se regardèrent en souriant et approuvèrent. Samantha semblait un peu dépassée mais ne pipait mot.

Céline 16 -

Ils descendirent les marches quatre à quatre, Thomas en premier. Malheureusement pour lui, il ne put maîtriser son atterrissage sur le tapis en bas de l’escalier et finit sa course à plat ventre, entraînant le tapis avec lui. Les deux filles, surprises par le tapis qui se dérobait sous leurs pieds, se retrouvèrent les quatre fers en l’air et tout ce petit monde fit une entrée fracassante dans le salon dont la porte était restée grande ouverte.
Étonnés par cette apparition intempestive, les occupants se levèrent dans un bel ensemble en poussant un grand cri. Monsieur Gwarder avait déjà porté sa main vers le revers de sa veste mais stoppa aussitôt son mouvement en voyant les enfants débarquer dans le plus grand désordre. Angèle, quant à elle n’eu pas le temps de rattraper sa tasse de thé qui fit un beau vol pané avant de s’écraser sur la tête de ce pauvre Thomas qui décidément n’était pas dans un jour de chance.
Il se releva avec difficulté, le visage dégoulinant de thé. Il avait les joues en feu.
« Heu ! veuillez m’excuser, je n’avais pas vu le tapis »
Il avait l’air tellement dépité, les cheveux collés sur son front, qu’il déclencha l’hilarité générale. Voyant que l’incident ne portait pas à conséquence, il se mit à rire à son tour pendant que monsieur Fersen lui ébouriffait les cheveux avec une serviette.
Le calme revenu, les enfants furent invités à prendre place sur les trois chaises qui avaient été installées face aux parents. Monsieur Gwarder prit la parole dans le plus grand silence.

Céline 15 -

La fenêtre du site s’écroula au bas de l’écran laissant apparaître le fond d’écran. Celui-ci à son tour suivit le même chemin entraînant dans sa chute toutes les icônes. Les enfants n’en croyaient pas leurs yeux, ils étaient la victime d’une attaque d’un virus particulièrement puissant. D’instinct Céline tendit ses mains vers ses deux amis. Ceux-ci avaient eu le même réflexe, réflexe qui semblait devenir une habitude depuis quelques temps. Formant à nouveau la chaîne d’union, ils concentrèrent leurs pensées vers l’écran, Céline était plus particulièrement attentive, les sourcils froncés et les lèvres blanches à force d’être serrées. La chutes des icônes se ralenti, puis s’arrêta. Petit à petit les objets reprirent leurs places. Ils purent revoir le beau JB garnir à nouveau la lucarne. Ils se regardèrent interloqués.
« Vous ne trouvez pas ça bizarre, vous ? » demanda Thomas « c’est la deuxième fois que ce prodige se produit aujourd’hui. A croire que l’on a des pouvoirs spéciaux. Il faudrait que l’on approfondisse la chose, que l’on fasse un essai ! Qu’est ce qu’on pourrait faire ? »
Ils se redonnèrent la main mais ne savaient pas trop quoi faire, car rien ne les menaçait pour l’instant. Soudain Samantha poussa un petit cri :
« Ma mère arrive, elle va nous appeler ! »
« Samantha, les enfants, vous voulez bien descendre ? nous voudrions vous parler »
« Comment as-tu deviné que ta mère allait nous demander de descendre ? » demanda Céline
« Je n’en sais rien » répondit Samantha, un peu troublée, « J’ai l’impression que lorsque nous sommes, réunis, que nous nous touchons les mains, je réussis à deviner les évènements juste avant qu’ils ne se produisent. Bon ! on va peut-être y aller non ? » dit-elle avec un petit rire gêné, comme pour s’excuser.
Ils ne s’étaient toujours pas séparés. Les deux filles se regardaient mais Thomas, lui, avait les yeux fixés sur la poignée de la porte et … celle-ci s’ouvrit brutalement !!! Céline et Samantha poussèrent un cri de surprise
« comment as-tu fait ? » demandèrent-elles avec un touchant ensemble
« A vrai dire, je n’en sais trop rien. D’un seul coup j’ai eu l’impression que je pouvais ordonner à la porte de s’ouvrir. C’est Samantha qui m’en a donné l’idée quand elle a dit qu’à tous les trois on pouvait réussir des choses extraordinaires »
« Waou ! Thomas, j’ai dans l’idée qu’il ne vaudrait mieux pas en parler autour de nous. On va nous prendre pour des barjots. Allons les rejoindre » conclu Céline

Céline 14 -

Elle alla chercher sur Google tous les sites parlant de Jean Baptiste Maunier. La liste était impressionnante, plusieurs centaines. Comme c’était une fille curieuse, elle chercha les dernières pages mais fut horrifiée par les intitulés. Bien vite elle revint en haut du classement. Ils trouvèrent plein de sites parlant du film. Ils naviguèrent ainsi pendant une bonne demi-heure, passant de l’un à l’autre.
Il y en avait des moyens qui visiblement, avaient été faits par des fans pas toujours très doués pour le design et les commentaires et qui les firent bien rire, d’autres très sérieux qui faisaient des analyses fort savantes du film et des raisons profondes qui faisaient qu’il avait eu tant de succès auprès des jeunes et aussi des adultes. Ils se lassèrent très vite, ne se retrouvant pas dans ces explications dont ils ne comprenaient pas bien les phrases et revinrent sur leur site préféré qui en fait était rapidement devenu le site officiel : jbmaunier.net. Celui-là paraissait effectivement beaucoup mieux construit que les autres et ses auteurs, un certain Midian et un autre, Remi, bien que très mystérieux, semblaient avoir la confiance de la famille Maunier. Ils visionnèrent quelques vidéos et furent très impressionnés par le nombre de passages ‘télé’. Il y avait même les paroles des chansons du film. Ils s’amusèrent à les fredonner mais à part Céline, le résultat était plutôt catastrophique ! pas déçu pour autant, la séance les amusa au plus haut point et eu le mérite de les détourner de leurs préoccupations de l’après-midi. Ils regardèrent avec attention sa biographie.
« C’est marrant » dit Céline, « Fin janvier, j’irais faire une compétition à Lyon. Bof! , y’a pas beaucoup de chance qu’il vienne voir les épreuves. Il est trop connu et ne doit pas beaucoup se montrer en public. En fin de compte sa notoriété doit lui peser. Tient ! il joue au tennis et… »
elle n’eut pas le temps de finir sa phase…

13 mai, 2005

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 9

Shana - 9 -


Sans un mot, comme dans un film au ralenti, le premier rang des guerriers romains fit demi-tour, baissant les armes. Petit à petit toute la troupe rebroussa chemin, lentement, calmement sans se retourner. Quand le dernier soldat disparu dans la forêt au bout de la plaine, Shana baissa les bras, stoppa sa complainte.
Alors une rumeur s’éleva du coté des gaulois. D’abord sourde, elle enfla, pris de la vigueur pour finir par une explosion de cris, de hurlements, de rires. Ils ne savaient plus ce qu’ils faisaient. La tension avait été trop forte. Il fallait qu’ils se défoulent. Shana ne disait rien, elle chevauchait à nouveau son grand cheval noir. La déchirure dans les nuages ne s’était pas refermée et tel un projecteur géant, un unique rayon de soleil suivait son lent déplacement dans la foule en délire de ses admirateurs.
Constatant subitement ce nouveau phénomène extraordinaire et pour que ce souvenir ne se referme à jamais les hommes s’inclinèrent tous devant leur nouvelle égérie et décidèrent qu’elle serait désormais leur princesse. C’est sous ce nom qu’elle a traversé les siècles dans l’histoire de notre peuple : Princesse Shana.
L a soirée qui suivit fut particulièrement longue et un grand feu brûla toute la nuit sur la place du village. Tous les gens de la cité étaient là, hommes, femmes, enfants, festoyant autour de moult sangliers rôtissant sous la lumière froide de la pleine lune. Le barde du village qui d’habitude négligeait ces agapes par trop profanes, composa alors les premiers couplets de ce qui allait devenir la légende de la tribu de Shana.
« Voilà mon ami, nous sommes arrivés au cœur de l’ancienne forêt. Sous ce dolmen est enterrée le corps de la Princesse. Nous allons lui rendre hommage. »
« Bien sûr, les romains ont conquis la Gaule mais on dit que dans ce coin de lande a survécu un peuple d’irrésistibles gaulois ignoré des légions romaines. »
« tu en as peut-être entendu parlé, quoique … cette légende n’ait guère franchit les frontières de la vallée »« Heu! , maintenant que vous le dites, je crois bien que si … »

fin de la légende de Shana

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 8

Shana - 8 -

Soudain, venant de nulle part, Shana déboula au milieu du no man’s land, lancée au triple galop. Elle tenait dans ses bras levés une longue écharpe blanche qui flottait au vent. Surpris, tous les combattants s’immobilisèrent et firent silence. Chacun pu entendre alors une étrange mélopée lancée par la jeune fille. L’apparition semblait presque surnaturelle. Arrivée au bout du champ de bataille elle fit une extraordinaire volte-face. Une gerbe d’étincelles jaillit des sabots du cheval à moitié couché sur le sol. Au retour elle longea les rangs de ses frères d’armes. Sept fois elle s’arrêta devant de jeunes guerriers. « Toi ! suis-moi »
Le ciel s’était assombri; il faisait presque noir. Entourée de sa petite escorte elle s’avançait maintenant vers les romains. A mi distance elle disposa les jeune gens en cercle autour d’elle puis leur demanda de faire une ronde en se tenant la main. Au milieu du cercle, elle leva à nouveau ses bras vers le ciel, se tourna vers les légionnaires et chanta à nouveau son étrange mélopée, une sorte de longue variation mélodique sur la lettre « a » Sans savoir pourquoi une émotion intense s’abattit sur les hommes en armes, chacun avait la gorge nouée, à la limite du supportable !
Dans un éclat de tonnerre, le ciel se déchira au-dessus de Shana, la baignant dans un rayon de soleil. Les hommes suffoquaient, le cœur oppressé.

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 7

Shana - 7 -

Les légions romaines se faisaient de plus en plus pressantes et les villages gaulois avaient bien du mal à coordonner leurs forces pour contenir l’avance des redoutables colonisateurs. En Armorique la situation n’était guère brillante d’autan plus que les fils de Vénétrix s’étaient dispersés dans toute la Bretagne en allant chercher des épouses bien loin du fief paternel.
Shana était maintenant une resplendissante jeune femme dans sa seizième année. Elle attirait les convoitises de tous les jeunes guerriers de la région qui venaient régulièrement faire leur cour. Courir le guilledou était cependant bien loin de ses préoccupations. Elle gardait à l’esprit les derniers mots de son père : « Unissez-vous face aux romains »
On la voyait le plus souvent sur son fier destrier, galopant par monts et par vaux, essayant de fédérer les chefs des villages, de former des alliances. A chacun de ses prétendants elle tenait le même discours : « rassemblons-nous, groupons nos forces. Les romains seront bientôt à nos portes et vos bravades n’auront que peut d’effet sur l’armée de César »
L’effet produit ressemblait en fait à une douche glacée sur la flamme des jeunes roquets bien trop fiers et prétentieux pour assimiler et accepter les sages conseils de la belle amazone. Bien mal leur en a pris.
Les légions romaines avançaient à marche forcée, faisant plier à la volonté du futur empereur tous les chefs gaulois qui tentaient de s’opposer à la troupe disciplinée. Elles étaient maintenant presque en vue du village de Shana et les chefs des villages voisins en étaient encore à se disputer le commandement. Finalement ils s’avancèrent en ordre dispersé face à la troupe impressionnante dont le martèlement des pas faisait trembler le sol de granit. Le ciel était noir, le crachin oppressant. Le massacre pouvait commencer, les dieux gaulois tournaient le dos à leurs serviteurs si arrogants.
Les deux armées n’étaient plus séparées que par quelques centaines de mètres et quelques malheureux buissons de genêts…

Céline 13 -

Une fois dans la chambre, les trois amis s’assirent sur le lit et recommencèrent à discuter passionnément. La façon dont leur parents les avaient interrogés, sans leur donner plus d’explications sur leur étrange comportement, ne cessait de les intriguer. Et d’abord pourquoi monsieur Le Gwarder était-il là ainsi que la prof de harpe ? Pourquoi il n’avait jamais été question de prévenir la police ? Pourquoi devaient-ils parler hors de leur présence ? Qu’avait dit au juste Estrella ? « Chanat, chaina, China ? », Elle ne savait plus très bien. Qu’est ce que ç’a pouvoir signifier ce mot bizarre ? Quel rapport avec leur aventure et pourquoi ce n’était pas le moment ?
« j’ai l’impression d’avoir vu ou entendu ce mot quelque part, et en plus il n’y a pas très longtemps » dit Céline. Elle se mis à arpenter la pièce, en fronçant les sourcils, signe d’une intense concentration. Les deux autres la regardaient en silence, ne voulant pas troubler son effort de mémoire. Visiblement Céline était en train de prendre l’ascendant sur ses deux amis. Eux-même étaient d’ailleurs suffisamment troublés pour ne pas s’en rendre compte et lui laisser la direction des opérations
Samantha, prise d’une inspiration subite se leva et alla voir en haut de l’escalier si elle pouvait écouter les conversations en bas dans le salon.
« j’entends rien, à croire qu’ils parlent à voix basse. Si on allait sur Internet ? j’ai découvert plein de sites nouveaux sur Jean Baptiste » Thomas approuva ainsi que Céline. Aucun de demanda qui était Jean Baptiste bien-sûr. Ils étaient tous les trois des admirateurs fervents du jeune prodige, JB pour les intimes, Maunier de son nom de famille, à la voix si pure et héros de leur film préféré du moment « les choristes »

11 mai, 2005

Céline 12 -

En raccrochant le téléphone, elle resta silencieuse un instant, perplexe.
« Alors, raconte. Elle était inquiète je suppose ? » lui demanda Céline
« Oui bien sûr, t’as entendu, je l’ai rassurée. Elle veut que je rentre tout de suite à la maison avec vous deux. Dépêchons-nous ! »
La mère de Samantha les accueillit sur le perron de la maison et les fit rentrer dans un grand salon. Surprise ! Il y avait déjà du monde : monsieur Fersen, le père de Thomas, monsieur Dillont, le père de Céline, mademoiselle Estrella et plus incompréhensible encore, monsieur Le Gwarder. Pourquoi ces deux derniers étaient-ils là ? Personne parmi les adultes ne semblait songer à donner la moindre explication. Une collation était préparée sur une table basse, accompagnée d’une boisson au chocolat dont le fumet emplissait la pièce. Les enfants hésitèrent un peu mais la maman de Céline leur donna à chacun une tasse, en les obligeant presque à en vider le contenu, délicieux par ailleurs. Pendant qu’ils se restauraient chacun dû faire un récit détaillé des événements. Les parents insistèrent tout particulièrement sur les drôles de vibrations ressenties ainsi que le moment où elles apparurent. Encore une fois on souligna la coïncidence avec le fait qu’elles se produisirent après que les enfants avaient vu le film « Les choristes » Céline ne put s’empêcher de noter le petit sourire satisfait du directeur à cette évocation ainsi que le regard interrogateur des autres adultes.
Quand Céline raconta l’étrange comportement des trois hommes, que Samantha expliqua l’étrange sensation qu’elle avait éprouvée, comme s’ils avaient eu à ce moment la même volonté commune de voir disparaître les trois agresseurs, la tension dans la pièce devint palpable. Les trois parents étaient crispés au bord de leur chaise. Même Le Gwarder semblait surpris. Quant à mademoiselle Estrella, elle poussa une exclamation : « Shana ? » en regardant le directeur d’un air interrogateur.
« Angèle, le moment n’est pas encore venu » lui répondit-il d’un ton très doux mais le regard était lourd de signification et elle n’insista pas. C’était maintenant aux enfants de se regarder, l’air dubitatif. Monsieur Le Gwarder, cependant, coupa court à leurs questions en leur demandant de monter dans la chambre de Céline. Ils devaient discuter ensemble des évènements. Céline essaya bien de protester auprès de sa maman mais celle-ci se leva pour les entraîner vers la porte.
« Ne vous inquiétez pas, nous vous donneront des explications tout à l’heure » Elle resta au pied de l’escalier, un petit sourire rassurant au coin des lèvres, pour vérifier qu’ils allaient bien dans la chambre au premier étage et referma soigneusement la porte du salon.

09 mai, 2005

Céline 11 -

Les trois amis, d’un même mouvement, se serrèrent fortement les mains et plissèrent les yeux à force de concentration. Les trois silhouettes si menaçantes un instant plus tôt stoppèrent leur marche en avant. Le silence devenait pesant. Le temps était suspendu – arrêt sur image ! Et puis d’une façon incompréhensible ils reculèrent d’un pas.
« Et bien les enfants on vous laisse, amusez-vous bien ! » Ils tournèrent les talons et remontèrent l’escalier. Le silence revenu, les enfants en question étaient encore immobiles, stupéfaits, ne comprenant toujours pas ce qui c’était passé. Samantha rompit le silence en premier :
« Pourquoi ont-ils changé d’avis ? Vous avez ressenti, quand nous nous sommes pris la main, cette sorte de vibration ? J’ai l’impression qu’à tous les trois on dégageait un espèce de fluide, une volonté de les faire partir ? C’est pas magique ça ? Et puis pourquoi j’ai cru vous avoir vu tout à l’heure ? Et … »
Elle tournait autour de Céline et Thomas, faisant des grands gestes, les yeux exorbités. Samantha était au bord de la crise de nerfs, et elle parlait, parlait… comme si rien ne pouvait l’arrêter. Céline et Thomas essayaient de la calmer, la prenaient par les épaules en lui parlant doucement, que tout était fini, qu’il fallait rentrer, qu’il ne fallait pas qu’on les trouve là, que les parents allaient s’inquiéter, que, que … mais rien y faisait, Samantha était trop énervée – symptôme post traumatique diraient certains – et finit par tomber en larmes dans les bras de Thomas. Se sentant tout gauche, ne sachant pas quoi faire de ses mains, il jetait des regards désespérés à Céline. A vrai dire il était rouge écarlate.
Une fois au dehors, Samantha leur expliqua comment elle s’était retrouvée ligotée et bâillonnée dans la réserve. En fait, elle n’avait pas quitté le gymnase où elle avait eu cours en dernière heure ce matin. Elle avait l’habitude de sortir la dernière du vestiaire et en franchissant la porte, quelqu’un la prise par derrière, lui masquant les yeux et lui mettant un gros chiffon sur la bouche et le nez. Puis … plus rien ! Le noir, la peur, le silence, affreux ! Qui, pourquoi ? Elle n’en savait rien, ils ne lui avaient rien dit. Au fait ! et ses parents ? ils devaient s’inquiéter. Se frappant la tête, elle chercha son portable dans sa poche. Il était éteint. En le rallumant, elle trouva cinq messages de sa mère. Elle la rappela aussitôt

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 6

Shana - 6 -

Shana traversa la Gaule, indifférente aux créatures sauvages qui peuplaient encore les immenses forêts, éliminant de son chemin les nombreuses hordes de brigands qui pillaient les voyageurs assez fous pour s’aventurer sans protection loin des villages. On dit que son chant suffisait à les arrêter et que les Braves faisaient le reste. On dit aussi qu’elle ne chercha jamais sa route mais qu’elle suivait les oiseaux avec qui elle chantait.
Arrivée en haut d’une petite colline, elle établit le campement en vue de Lugdanum. Au cours des jours qui suivirent, d’autres troupes les rejoignirent, toutes identiques : dix guerriers entourant un jeune adolescent. On allait vers les jours les plus longs, c’était la veille du solstice d’été. Les jeunes meneurs rassemblèrent leurs troupes. Ils étaient sept. Ils leur donnèrent l’ordre de les attendre, ils avaient une course à faire à la ville !
Au cœur de la nuit suivante, les hommes, rassemblés autour d’un feu, virent une grande lueur argentée s’élever de la montagne qui dominait la ville. Les sept compagnons rejoignirent le campement à l’aube et chacun reparti vers son pays.
En arrivant dans son village, Shana se présenta seule devant son père et ils s’enfermèrent toute une journée. A la nuit tombée, de la cheminée s’éleva une fumée blanche, où crépitaient de petites étincelles argentées. Vénétrix sortit, tenant Shana par le bras. Il rassembla ses enfants et tous les habitants du village.
« J’arrive au bout de mon chemin. Je confie la conduite de notre peuple à l’aîné de mes fils, sous la protection de Shana qui malgré son jeune âge, saura détourner de vous les foudres du mal. César a lancé ses légions contre la Gaule. Nos frères sont des solides et valeureux guerriers. Prenez garde cependant, nous formons un grand peuple fier et orgueilleux. Vous ne repousserez l’invasion que si vous restez unis et oubliez vos querelles. »
Puis il rentra sous son toit. Avant la fin de la nuit, la fumée blanche s’était éteinte

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 5

Shana - 5 -

Depuis ce temps on voyait souvent galoper dans les landes arides de la contrée Shana sur son grand étalon noir, toujours sans enrênement. Elle était de plus en plus présente aux cotés de son père quand celui-ci avait à prendre des grandes décisions pour son peuple. Cependant les cérémonies rituelles au cœur de la forêt lui étaient toujours interdites. Vénétrix y officiait en tant que « Druide Suprême » entouré de ses fils et des anciens du village.
Un soir pourtant il partit seul avec Shana dans la forêt. Ils y restèrent la nuit, puis la journée qui suivit et encore une nuit pour ne rentrer au village qu’à l’aube du matin suivant. Nul n’a jamais su ce qu’ils y firent ni ce qu’ils se dirent. Ce même jour Vénétrix demanda à dix de ses plus vaillants guerriers d’accompagner sa fille pour un long voyage et de la protéger jusqu’à son retour au village, de lui obéir et lui rester fidèle quoi qu’il arrive. Elle portait en bandoulière une petite sacoche en peau solidement ficelée autour de ses reins.
Elle revint au village au bout d’un an. Trois Braves étaient encore à ses cotés. Elles les intronisa Gardiens des Origines, Grands Prêtres des Rites et Traditions et leur imposa le secret sur ce qu’ils avaient vu et entendu pendant ce périlleux voyage. Aussi nous ne savons pas grand chose de ce qui s’est passé. La légende encore une fois nous a laissé quelques indications.
A cette époque, la Gaule possédait une économie prospère. On cultivait de larges domaines d’orge et de blé, on y élevait bovins et chevaux, et exploitait métaux et bois de vastes forêts. Mais ces richesses commençaient à attirer les convoitises des Germains et surtout des Romains avec l’ambitieux César à leur tête.

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 4

Shana - 4 -

Elle leva lentement les bras et se mit à chanter. Le chant était doux, d’une grande pureté. Personne ne comprenait ce que chantait l’enfant mais tous firent silence, subjugués par la beauté de la mélodie. Le cheval aussi s’était tu et avait reposé ses antérieurs sur le sol. Il se reculait lentement, semblait retenir sa respiration pour mieux écouter le chant mélodieux. Il faisait maintenant des cercles autour de Shana, reprenant peu à peu son calme.
Shana tendit ses mains vers le cheval.
Il s’avança sans crainte jusqu’à lui souffler dans la paume des mains.
Elle continua à baisser les mains.
Il suivit le mouvement.
Elle arrêta de chanter, lui murmura quelque chose à l’oreille.
Il avait les oreilles dressées, attentif au discours.
Elle s’avança légèrement, lui caressa l’encolure.
Il souffla doucement.
Elle agrippa la crinière.
Il ploya légèrement les membres
Elle lança un cri
Il se redressa brusquement
Elle était sur son dos
Il restait immobile
Le dialogue était établi, la belle et la bête ne faisaient plus qu’un. Elle était le cerveau, il était le muscle. Elle devait le guider par la pensée. Ils firent ensemble ce qu’aucun autre couple monture-cavalier n’avait fait jusqu’à présent. C’était de la haute école

02 mai, 2005

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 3

Shana - 3 -


Elle s’avança doucement vers le centre de l’enclos. A sa vue le jeune étalon devint comme fou et partit au grand galop en poussant des hennissements puissants. Pris de panique, les hommes reculèrent et fermèrent la porte. Aucun n’eut le courage d’aller porter secours à l’enfant si frêle au milieu de la carrière. Ils criaient cependant si fort, le galop de l’animal en furie faisait tellement trembler le sol que bientôt tous les habitants alentour se pressèrent contre les barrières. Tout le monde semblait atterré sauf Vénétrix qui en toutes choses gardait la tête froide.
« Fait quelque chose, oh! grand chef, où notre petite princesse y laissera la vie », l’implorait-on de toute part
« laissez la faire, elle ne semble pas dans l’embarras »
Et en effet la gamine suivait calmement des yeux le cheval qui continuait à s’agiter en tous sens, faisant de brusques volte-face, lançant dans les airs des gerbes de poussière. Il se cabra plusieurs fois devant Shana, les naseaux dilatés par son souffle puissant et ses cris menaçants. Il était terrifiant. Ses yeux veinés de sang étaient exorbités. La sueur coulait le long de ses flancs et de son encolure, des volutes de vapeur s’élevaient de son dos. Avec les jets de vapeur rejetés par les naseaux il ressemblait à un de ces innombrables dieux qui effrayait tant les villageois un peut trop crédule de cette époque.
Shana, quant à elle continuait à garder son calme. Elle gardait les bras ballants le long du corps, les mains grandes ouvertes, les paumes en avant. Le sourire aux lèvres, elle semblait murmurer des mots apaisants au cheval. Soudain il se précipita vers elle et se cabra encore une fois sur ses postérieurs, agitant frénétiquement les antérieurs au-dessus de la tête de la petite fille. Un hurlement de terreur jaillit de la foule à l’unisson avec le hennissement assourdissant lancer par le monstre démoniaque quand…

à suivre...

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 2

Shana - 2 -


« On ne connaît pas bien le nom de son père, en tout cas il a donné son nom à son peuple. Nous l’appellerons Vénétrix. La légende raconte qu’entre les sources de l’Oder et de la Vistule, au cœur de l’Europe centrale, a surgi du néant une horde de farouches guerriers. Ils n’étaient que douze mais prirent rapidement l’ascendant sur les tribus voisines. Au bout de quelques années des dissensions apparurent au sein du groupe et ils décidèrent de se séparer. Cinq d’entres eux partirent vers le soleil levant, les sept autres vers le soleil couchant. Vénétrix faisait partie des sept. Ayant atteint l’océan, il décréta que son périple devait prendre fin. Il s’établit dans les monts d’Armorique et fonda son peuple. Il gouvernait et imposait sa loi non par sa force mais par sa sagesse et l’infinie connaissance qu’il semblait posséder sur toutes les choses de la vie et de la nature.
Vers la fin de sa vie il rencontra une jeune fille originaire des landes sauvages dont la beauté éblouissante était réputée dans toute la contrée et même au-delà. De leur union, naquit Shana. Elle avait hérité de sa mère la beauté presque irréelle des déesses. Son visage était piqué de quelques taches de rousseur, sa longue chevelure soyeuse avait la couleur de l’or le plus pur et ses yeux étaient d’un vert aussi profond que la mer qui baignait les récifs qui l’avaient vu naître. Comme sa mère, elle était vive et farouche. Son père lui avait donné la connaissance, la perspicacité et quelques dons pour le moins inhabituels.
Les gens du village s’en aperçurent très rapidement. Elle devait avoir entre six et sept ans. Les animaux semblaient lui obéir. Il y avait cependant dans un enclos, aux confins du village, un jeune poulain à la robe d’un noir brillant de la tête aux sabots. Personne n’avait réussi à le dresser, tellement il était sauvage et fier. Les guerriers s’apprêtaient à l’abattre car il devenait dangereux. S’approchant les armes à la main ils commençaient à ouvrir la porte quand soudain ils virent la petite Shana se glisser sous la barrière et …

à suivre...

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 1

Shana - 1 -


Revenu pour un temps sur les terres de mes aïeuls, j’ai croisé un vieillard aux allures majestueuses qui marchait d’un pas alerte vers une forêt lointaine. J’avais le cœur en berne. La nature, aux portes de l’hiver, accompagnant mon humeur chagrine, déversait sur la grande plaine d’Armorique, un grand voile de bruine. Le ciel était si bas, mon corps était si las, que mon âme en son émoi, ne voyait à l’horizon qu’une blanche ondée poussée par le vent de noroît. Perçant mon tourment, l’homme au visage souriant posa une main apaisante sur mon épaule fatiguée et me tint à peut près ce langage :
« Mon ami, nous sommes à la croisée des chemins. Le destin a guidé tes pas sur les traces de tes ancêtres. Viens avec moi, au pied du grand menhir blotti sous les chênes centenaires, invoquer les esprits des grands guerriers celtes qui luttèrent sans merci contre les légions romaines. »
Conquis par sa proposition j’accompagnais mon guide vers la sombre lisière où survivaient les traces incertaines d’un peuple lointain gravées sur la pierre.
« Les Celtes, nos lointains parents, dont l’origine demeure mystérieuse, émigrèrent par petits groupes du centre de l’Europe. Ils dominèrent, sans les éliminer, les populations vaincues sur leur chemin. Ils se constituèrent en une sorte de tribu royale des chefs, contribuant à créer des peuples mixtes. Dans notre belle Bretagne s’établirent les Vénètes.
Pour les anciens, ils étaient surtout de guerriers, honorant dans les bois des dieux fort divers. Et dans ceux-ci en particuliers vivaient la tribu de Shana. Shana était la fille d’un chef très respecté. C’est l’histoire de cette jeune fille que je vais te conter »

à suivre...

La saga des enfants chanteurs - RHEUHATHIK -6

Ils aperçurent enfin le grand feu qui crépitait devant la grotte. A l’approche de l’enfant, suivi des étrangers, tous les membres se levèrent, prêts à bondir.
L’enfant leva les bras, montrant à tous le trophée étincelant dans les flammes du brasier, tournant lentement sur lui-même afin que chacun puisse admirer le butin tant convoité. Les deux troupes se rapprochèrent lentement. Tout pouvait arriver. La logique aurait voulu que la guerre éclate entre les deux clans. C’était la normalité à cette époque. Mais voilà ! Le petit guerrier poussa un grand cri de triomphe. Il enchaîna par le chant qu’il n’avait pas cessé de reprendre depuis qu’il avait quitté la forêt. La tension s’évanoui, tous reprirent à l’unisson le chant de ralliement.
L’instant était magique
Magique ?
Non, surtout pas !
Simplement la vie, le début d’une grande épopée, la grande épopée de l’humanité
Conscient de la portée de l’instant présent – la première manifestation d’amitié entre les peuples – le chef leva à son tour les bras pour demander le silence et prononça ces mots célèbres, encore présents sur toutes les lèvres :
Rheuhathik
Il venait d’inventer le « i »
Le jeune homme porta ce nom toute sa vie
Ce nom, on pourrait le traduire sans être obscurantiste
Par Jean Baptiste

fin

La saga des enfants chanteurs - RHEUHATHIK -5

La lumière commençait à décliner. Gardant le trophée à la main, il entama son voyage de retour vers la grotte qui abritait son peuple. Mais avant, il lui fallait nettoyer le gigantesque croc sanguinolent qui avait fait frémir ceux de son camp. Et l’étang, la destination de sa quête, ne devait pas être bien loin. Il le sentait à l’odeur suave portée par la bise légère faisant frémir les feuilles des arbres. Il était là, caché par des hautes herbes. Il emprunta aux animaux de la forêt le chemin qu’ils avaient tracé pour aller s’abreuver. Il songea qu’il lui faudrait le rendre en aussi bon état qu’il l’avait trouvé. Il nettoya consciencieusement l’énorme pieu d’ivoire. L’eau, alentours se teinta d’une jolie couleur rose et cela suffit à lui mettre le cœur en joie. La pièce était bien propre et brillait aux derniers rayons rougeoyants du soleil. Il s’en alla d’un pas léger.
Maintenant il y avait pris goût ! Il se remit à chanter. Une longue complainte douce et syncopée qui disait à peu prêt ceci :
Dans la jungle
Terrible jungle
Le lion est mort ce soir
Dort ma belle
Dort ma gazelle
Le lion est mort ce soir
Encore, de nos jours, quand le soleil se couche sous la savane brûlante, certaines tribus d’Afrique, reprennent cette mélopée que leur ont transmise leurs ancêtres. Certains d’entre-vous, qui ont parcouru ces terres lointaines l’on peut-être entendue. C’est ce qu’on m’a rapporté. Ou bien l’ai-je entendu ailleurs ? …je n’sais plus !
Décidément notre ami avait le cœur en fête et chantonnait toujours en approchant de la lisière de la forêt. Il se retourna une dernière fois, tendit au peuple des bois, comme un flambeau au bout de ses bras, le symbole de la force brutale. Mais quand il de retourna…
Les autres étaient là ! Ils s’étaient cachés derrière les derniers arbres. Que des hommes, immenses, le visage renfrogné. Étrangement personne ne bougea
Sans savoir pourquoi, parce que une force indépendante de sa volonté le lui commandait, il se remit à chanter. Le miracle s’accomplit. Les visages s’éclairèrent de petits sourires timides. D’un pas hésitant, il repris son chemin qu’il avait laissé choir lamentablement à ses pieds poussiéreux. D’un geste ample de la main, il les invita à le suivre. Ce qu’ils firent un peu…interloqués.
Marchant de concert dans la pénombre envahissante, la troupe avait resserré ses rangs. Les hommes scandaient de leurs belles voix graves – heu!… à vrai dire, pas vraiment. Plutôt rauques, les voix, mais bon ! on va pas chipoter, non ? - donc de leurs belles voix disais-je, ils reprenaient les phases musicales lancées par le jeune soliste
Et voilà ! Qui aurait cru que le chœur musical, la chorale en quelque sorte, avait été inventé à l’aube de l’humanité par une bande de chasseurs pouilleux sortant d’une forêt sinistre.
Mais cette journée mémorable n’a pas fini de nous réserver des surprises. Oyez brave gens l’histoire fabuleuse d’une poignée de pionniers qui osèrent violer une des lois fondamentales de la nature


à suivre...

Céline 10 -

Arrivés devant le collège, ils trouvèrent comme ils s’y attendaient les portes closes. Ils se dirigèrent au fond du parking jouxtant le mur d’entrée du collège où les parents attendaient la sortie des élèves. Les moellons du mur étaient apparents. Un platane les cachait à la vue des passants. Le coin était calme, seules quelques voitures étaient garées et personne ne faisait attention aux deux enfants qui marchaient tranquillement en faisant semblant de discuter. Une fois derrière le tronc protecteur, Thomas commença à escalader le mur qui n’était pas bien haut, à peine deux mètres. Arrivé en haut, il observa précautionneusement l’intérieure du collège. Rien en vu.
« J’y vais, je ne vois personne »
Il s’allongea sur le haut du mur et se laissa glisser de l’autre coté. Céline le rejoignit aussitôt. Il coururent le long du mur vers la porte du gymnase qui heureusement n’était pas fermée à clé. Une fois derrière la porte ils soufflèrent un peu. Le silence de la grande salle était oppressant. Ils avancèrent doucement sur la pointe des pieds, n’osant pas se parler. La porte de la réserve était au milieu du coté opposé mais sans se consulter, ils longèrent les cotés de la salle. La porte de la réserve était entrouverte. Thomas descendit en premier, pas du tout rassuré. Le fond du local était noir, seul le bas des marches baignait dans la pénombre. On entendait des gémissements assourdis. Céline chercha d’une main tremblante un interrupteur sur le coté du mur. Une fois les néons allumés, elle poussa un petit cri en voyant Samantha appuyée contre le mur du fond. Ils se précipitèrent vers elle et s’empressèrent de défaire ses liens. Samantha riait et pleurait à la fois en remerciant ses deux amis
« Oh! merci, merci beaucoup. Je savais presque que vous alliez venir. A un moment j’ai même cru vous voir tous les deux, mais j’ai dû rêver. Vite ! il faut sortir tout de suite, ils vont sûrement revenir dans pas longtemps»
« Mais qu’est-ce qui t’est arrivé ? » s’exclamèrent ensemble Céline et Thomas
« Plus tard, sauvons-nous »
A cet instant précis, des bruits de pas résonnèrent dans l’escalier. Ils regardèrent désespérément dans tous les sens mais il n’y avait aucun recoin susceptible de les cacher aux yeux des ravisseurs. Trop tard ! trois hommes masqués se tenaient au pied des marches. Celui du milieusemblait être leur chef. Il eut un rire cynique
« Heu la donc! Mais c’est qu’elle a du renfort la p’tite morveuse. Attachez-moi tout ça que ç’a n’bouge pas jusqu’à la nuit »
Les trois sinistres personnages étaient grands et massifs et n’allaient faire qu’une bouchée des trois enfants coincés au fond de la réserve. Sans comprendre pourquoi, d’instinct, Céline se plaça entre ses deux camarades et leur pris la main


à suivre...

Céline 9 -

A nouveau la mystérieuse vibration apparut. Céline poussa un cri :
« Je la voie ! »
« Moi aussi j’ai eu une sorte d’image. Elle était assise contre un mur avec une sorte de serviette sur la bouche. On dirait qu’elle avait les mains dans le dos. »
Ils se regardaient droit dans les yeux, ahuris par ce qui leur arrivait. Sans s’en rendre compte, Céline avait porté ses mains à son visage, rompant le contact et la vision par la même occasion. Elle demanda à Thomas d’un air hésitant :
« Qu’est-ce qui nous arrive ? Et où est Samantha ? Pourquoi est-elle ligotée ? Pourquoi on la voit tous les deux ? que peut-on faire pour elle ? Il faut prévenir la police »
Thomas se balançait d’une jambe sur l’autre, fort embarrassé. Il se tordait les mains contre son ventre. Samantha était une amie à eux qui fréquentait le même collège. Ses parents étaient très riches mais leur amie restait très simple, prenant un soin particulier à se fondre dans la foule des autres collégiens. Elle n’avait cependant pas que des amis, quelques-uns uns la jalousait car en plus elle était plus qu’une excellente élève, férue de mots croisés et d’échecs.
« Si tu veux mon avis, les policiers vont nous prendre pour des rigolos et nous envoyer promener. Je ne sais pas pourquoi on l’a vu tous les deux mais j’ai bien l’impression que le fait de se toucher a provoqué une sorte de vision. On essaiera de comprendre plus tard, le plus urgent est de trouver où elle se trouve »
Et d’autorité il repris les mains de Céline. Ils sursautèrent tous les deux mais maîtrisant leur surprise ils se concentrèrent en se regardant intensément.
Thomas relâcha l’étreinte
« Je sais où elle est. Dans la réserve sous le gymnase. J’y avais été l’année dernière pour ranger des ballons d’exercices. Mais à cette heure-ci le collège est fermé et si on va voir la directrice ou le concierge ils vont nous renvoyer chez nous. »
« Oui, c’est aussi mon avis. Plus qu’une solution, on y va. De toute façon mes parents ne rentrent que dans une heure. Si on a un problème, je téléphonerais à mon père, j’ai encore du forfait. Qu’est-ce qu’on fait de nos violoncelles ? »
« Allons chez moi, c’est à cinq minutes, après on fonce au collège, on en a pour dix minutes. Mais comment va-t-on faire »
Thomas semblait de plus en plus inquiet. Céline par contre était surexcitée. Sa copine était en danger et elle ressentait les picotements de l’aventure sans même imaginer tous les dangers qu’ils pourraient rencontrer ni même expliquer pourquoi ils se lançaient seuls au secours de Samantha et si elle était vraiment en danger. Par acquit de conscience elle composa le numéro de Céline mais tomba sur son répondeur
« vite ! »

à suivre...

Céline 8 -

« On était en bas au secrétariat où maman remplissait la demande d’inscription quand on entendit une musique venant des étages. Au début je n’ai pas reconnu l’instrument tellement le son était faible. C’était si joli ! Le silence s’est fait d’un seul coup et j’ai reconnu le son d’une harpe, une harpe comme jamais j’en avais entendu jouer. Maman s’est retournée brusquement, a relevé la tête tout en fermant les yeux et a pris une grande inspiration. Ensuite elle a quitté le bureau sans s’occuper de moi, en marchant doucement. On aurait dit, j’sais pas moi, comme une somnambule. Elle montait les escaliers en tenant la rambarde, toujours la tête vers le haut. Ne sachant que faire, je l’ai suivi. De toute façon, la musique était si belle, je voulais savoir qui pouvait jouer aussi bien de la harpe. Elle venait du deuxième, un peu plus loin que notre salle, la troisième porte.
On n'était pas les seuls à regarder, il y avait au moins une dizaine de personnes. Des parents, des profs et quelques élèves mais personne n’osait franchir la porte. Pourtant elle était ouverte. Je suivis maman qui se fraya un chemin au travers des gens. C’est sur la pointe des pieds que nous sommes entrés. Le Gwarder s’était installé face à une fenêtre grande ouverte. Près de lui se tenait madame Estrala, la prof de harpe. Tu la connais ! toujours gentille et souriante. Et bien là elle était toute raide, livide, le visage crispé. Elle se tordait les mains comme si elle avait peur de quelque chose. Maman s’est placée à coté d’elle et semblait à son tour inquiète. Moi je n’osais pas m’avancer plus. Tu aurais vu ses mains courir sur les cordes ! C’était magique, comme si elles ne touchaient pas les cordes et pourtant je peux t’assurer que la musique était super, j’en avais les larmes aux yeux tellement c’était beau. J’avais envi de fermer les yeux mais le spectacle dehors était extraordinaire. Comme pour notre salle de violoncelle, leur salle donne aussi sur la cour avec le haut des arbres qui arrive au niveau des fenêtres. Et bien sur les branches il y avait plein d’oiseaux. Des oiseaux de par chez nous mais aussi d’autres que je ne connaissais pas. Tu m’diras y’a pas d’mal vu que j’suis nul là-d’sus. Bref le plus curieux c’était que les oiseaux semblaient écouter le directeur ! Ils fixaient la fenêtre sans bouger, en silence, puis lançaient un petit cri et hop ! s’envolaient. Et d’autres prenaient leur place. Comment t’expliquer ? Un peut comme si les oiseaux venaient prendre un message et repartaient le transmettre. Magique j’te dis !
Quand il s’est arrêté de jouer j’ai repris mes esprits, un peut comme quand tu sors d’un rêve. Il s’est levé et il s’est enfermé dans la pièce du fond avec Estrala, maman et aussi avec ton père, je ne l’avais pas vu arrivé et le père de Samantha… »
« Thomas !, Samantha… je viens d’avoir un flash. Elle ne va pas bien du tout »
Ce faisant elle pris la main de Thomas et…

à suivre...

Céline 7 -

Céline et Thomas marchaient tranquillement le long de la grand avenue bordée d’arbres. Ils avaient évoqué avec passion leur joie d’accompagner les « choristes » dans leur prochain concert, du plaisir qu’ils avaient eu à regarder le film et de l’émotion qui en avait suivi. Plus que de l’émotion pour Thomas :
« Je ne sais pas pourquoi, mais depuis que j’ai vu le film, il y a comme une petite ritournelle qui trotte dans ma tête. C’est curieux, cela fait comme une présence en pointillé. J’y pense et puis j’oublie. Et puis des trucs bizarres comme tout à l’heure quand tu m’as embrassé ! »
« T’as vu ! c’était sacrément curieux non ? et alors moi, en plus, comme j’te l’ai dit, ce matin avec mon père : Pareil ! Et son attitude ! trop bizarre »
« Hé! mais moi aussi, répondit Thomas, avec ma mère. Je nous revois encore. Facile à s’en souvenir. La veille on avait vu "les choristes " … »
« Dingue ! Moi aussi, la veille avec mon père. Et comment a réagi ta mère ? »
« Exactement comme t’as dit avec ton père. Elle a paru surprise puis ravi et tout de suite elle s’est empressée de parler d’autre chose. Ouais! bien curieux tout ça… et avec le directeur tu n’as rien ressenti ? »
« Ben si, je voulais t’en parler. C’est comme s’il voulait me dire quelque chose avec ses yeux. J’ai même cru voir un éclair, une petite lumière, rien qu’une fraction de seconde, et puis il a tourné la tête »
« Bien c’que j’pensais ! On a les même sensations. Mais le plus étrange c’est qu’on en parle, parce que si on y réfléchit bien, y’a pas de quoi en faire toute une histoire non ? Et qu’est-ce qu’un grand homme comme monsieur Le Gwarder peut bien avoir à faire avec nous. Tout juste s’il doit savoir qu’on existe ! C’est un sacré bonhomme. Tu as su ce qui c’est produit au conservatoire samedi dernier quand on a été faire les inscriptions pour la rentrée avec ma mère ? »« non, raconte, je n’ai eu que de vagues échos »

à suivre...