02 mai, 2005

Céline 8 -

« On était en bas au secrétariat où maman remplissait la demande d’inscription quand on entendit une musique venant des étages. Au début je n’ai pas reconnu l’instrument tellement le son était faible. C’était si joli ! Le silence s’est fait d’un seul coup et j’ai reconnu le son d’une harpe, une harpe comme jamais j’en avais entendu jouer. Maman s’est retournée brusquement, a relevé la tête tout en fermant les yeux et a pris une grande inspiration. Ensuite elle a quitté le bureau sans s’occuper de moi, en marchant doucement. On aurait dit, j’sais pas moi, comme une somnambule. Elle montait les escaliers en tenant la rambarde, toujours la tête vers le haut. Ne sachant que faire, je l’ai suivi. De toute façon, la musique était si belle, je voulais savoir qui pouvait jouer aussi bien de la harpe. Elle venait du deuxième, un peu plus loin que notre salle, la troisième porte.
On n'était pas les seuls à regarder, il y avait au moins une dizaine de personnes. Des parents, des profs et quelques élèves mais personne n’osait franchir la porte. Pourtant elle était ouverte. Je suivis maman qui se fraya un chemin au travers des gens. C’est sur la pointe des pieds que nous sommes entrés. Le Gwarder s’était installé face à une fenêtre grande ouverte. Près de lui se tenait madame Estrala, la prof de harpe. Tu la connais ! toujours gentille et souriante. Et bien là elle était toute raide, livide, le visage crispé. Elle se tordait les mains comme si elle avait peur de quelque chose. Maman s’est placée à coté d’elle et semblait à son tour inquiète. Moi je n’osais pas m’avancer plus. Tu aurais vu ses mains courir sur les cordes ! C’était magique, comme si elles ne touchaient pas les cordes et pourtant je peux t’assurer que la musique était super, j’en avais les larmes aux yeux tellement c’était beau. J’avais envi de fermer les yeux mais le spectacle dehors était extraordinaire. Comme pour notre salle de violoncelle, leur salle donne aussi sur la cour avec le haut des arbres qui arrive au niveau des fenêtres. Et bien sur les branches il y avait plein d’oiseaux. Des oiseaux de par chez nous mais aussi d’autres que je ne connaissais pas. Tu m’diras y’a pas d’mal vu que j’suis nul là-d’sus. Bref le plus curieux c’était que les oiseaux semblaient écouter le directeur ! Ils fixaient la fenêtre sans bouger, en silence, puis lançaient un petit cri et hop ! s’envolaient. Et d’autres prenaient leur place. Comment t’expliquer ? Un peut comme si les oiseaux venaient prendre un message et repartaient le transmettre. Magique j’te dis !
Quand il s’est arrêté de jouer j’ai repris mes esprits, un peut comme quand tu sors d’un rêve. Il s’est levé et il s’est enfermé dans la pièce du fond avec Estrala, maman et aussi avec ton père, je ne l’avais pas vu arrivé et le père de Samantha… »
« Thomas !, Samantha… je viens d’avoir un flash. Elle ne va pas bien du tout »
Ce faisant elle pris la main de Thomas et…

à suivre...