13 avril, 2005

Céline 2

2.
Hé Céline tu rêves ?
Glup ! sûr que non, enfin pas tout à fait, elle se laissait aller sur son erre scrutant l’entrée de la patinoire d’un air il faut le reconnaître rêveur, en sifflant un petit air de rock. Si avec tout ça vous trouvez qu’elle manque d’air…
Elle rejoignit le groupe attentive aux paroles de Lydie, la monitrice :
- Ecoutez moi bien les filles j’ai passé les vacances à mettre au point un programme d’entraînement qui devrait nous permettre de faire honneur au club pour les tournois de France. Cette année nous n’aurons pas d’excuses.
Allusion à peine voilée aux événements de l’année dernière, avant… avant… personne ne broncha et Lydie se lança dans de grandes explications, dessinant sur sa grande planche des arabesques compliquées. Céline prêtait une oreille distraite au discourt en espérant que ce dernier la lui rendrait en bon état. Elle était incontestablement le meilleur élément mais sa première année au collège avait été passablement perturbée et une « punition » malencontreuse priva son équipe de la médaille tant convoitée.
L’équipe s’élança enfin sur la glace, évoluant avec grâce au son d’un musique insipide. Pourquoi fallait-il des musiques aussi ringardes ? qu’importe, enfin dans son élément, elle goûtait au plaisir de défier la pesanteur dans des sauts qu’elle maîtrisait de mieux en mieux. Harry devait ressentir les même frissons sur son balais !
Son regard se porta malgré elle sur le bord de la piste où se tenait maintenant Ryan qui lui lançait un grand sourire. Céline, le regard en feu voulu le rattraper d’un geste ample et sur sa lancée donna à sa voisine une claque monumentale. Le hurlement qui s’en suivi n’en fut pas moins monumental. Céline toute confuse lui présenta toutes les excuses qu’elle pu rassembler en prenant bien soin de ne pas regarder ses copines pliées en deux en pleurant de rire. Lydie essayait en vain de ramener le calme parti flâner dans des lieux plus propices.
La fine équipe riait encore en quittant la piste imitant Céline qui traînait les pieds un peu en retrait. Pour ne rien arranger les hockeyeurs arrivaient en file indienne, Ryan en tête. A travers la grille de son casque, les yeux rieurs, il complimenta Céline « Céline, quand tu patines, tu es divine » « merci » souffla-t-elle le regard vide et la bouche sèche ce qui fait qu’elle percuta à nouveau ses copines arrêtées. « T’en fait pas Céline, un jour tu arriveras à lui parler »
A la sortie de la patinoire, son père l’attendait
« Bonjours ma puce ça c’est bien passé ?
Oh oui, on va préparer les tournois
Bonne nouvelle non ? moi aussi j’en ai une, je t’emmène au cinéma
Ce soir ?
Non demain après midi, je voudrais voir ‘Les Choristes’ et je me disais…qu’enfin …heu… tu devrais aimer et …heu… bref j’ai pas envie d’y aller tout seul »
Elle sauta à son cou
« Baboune, je t’aime »