14 avril, 2005

La saga des enfants chanteurs - RHEUHATHIK


Une des plus belles histoires est une légende qui se transmet de père en fils depuis la nuit des temps dans certaines tributs nomades au cœur des plaines perdues de l’Asie centrale.
Au temps où remontent les faits, la vie était rude et simple et les gens ne faisaient pas de longs discours, peut-être parce qu’il faisait très froid ! Par contre ils avaient développer une civilisation très sophistiquée qui leur permettait d’utiliser un minimum de mots pour gérer les problèmes courants de la vie quotidienne.
Or donc, sur les bords d’une colline, vivait une tribut pacifique – enfin pas tant que ça car de nombreux dangers couraient dans la plaine, certains à deux pattes, d’autres à quatre et même plus, enfin certains autres, on était même pas tout à fait sûr qu’ils étaient visibles mais enfin bon ! des fois il valait mieux faire un détour plutôt que de risquer un mauvais coup… déjà à l’époque !
La tribut avait, comme il se doit, un chef élu de façon très démocratique. Les élections n’avaient pas lieu à date fixe comme à notre époque mais en fonction des circonstances, soit parce que l’ancien chef s’était fait mangé ou avait décidé d’arrêter de vivre, soit parce qu’un membre de la communauté en avait exprimé la demande. La procédure était simple, rapide et sans appel ce qui en limitait le coût, à une époque où l’on ne roulait pas sur l’or. D’ailleurs on roulait sur rien du tout vu qu’on avait encore pas juger utile d’inventer la roue – tout juste un petit « Argheuhk » mais sans plus, en regardant les ronds dans l’eau .
Donc, la procédure : en fait elle était assez libre, il n’y avait rien d’écrit – et pour cause ! La plus fréquente était que les deux candidats expriment sur le forum, devant tous les membres valides de la tribut, leurs arguments, en général de solides gourdins de bois ou d’os. Celui qui avait les arguments les plus convaincants emportait les suffrages de ses collègues en même temps que la dépouille de l’autre candidat au cas où ce dernier n’aurait pas compris assez vite la pertinence de l’argumentation du futur chef.
L’aurore aux doigts de fée était levée depuis un petit moment et commençait sérieusement à s’ennuyer. D’impatience elle appela le chef qui de toute façon avait un besoin pressant autan que naturel d’aller la saluer – tout se faisait si naturellement à l’époque ! alors que de nos jours … mais bon ! on va pas refaire le monde surtout que pendant ce temps, le chef, ce grand mâle avait parlé à un petit d’homme qui avait subrepticement suivi son guide spirituel. Hé mais qu’a dit Rhah, le grand mâle en chef ? Le mâle a dit : « Haarg rheugh rhoghok »
Ah ! vous aussi vous avez remarquez ?: il leur manque encore quelques lettres – pour le « y » c’est normal, il leur aurait fallu avoir un grec sous la main, mais pour les autres il faudra être patient. Et voilà, nous sommes au cœur du problème. Ils n’étaient pas très très patients, n’allez surtout pas leur demander de faire un puzzle de mille pièces, vous risqueriez de repartir avec quelques arguments plus que convaincants et de toute façon ils n’avaient pas encore inventer la machine à découper l’image en petite pièces. Comment ?… l’image non plus ?
Je vous ferais remarquer que si vous m’interrompez sans arrêt, nous allons passer à coté d’une des plus belle pages de l’histoire de l’humanité, une page si belle que des papys russes nous l’on minutieusement transmise, une page si belle que je la lis encore dans vos yeux candides (?), une page si belle qu’un jour peut-être les hommes pourront l’oublier quand tout le monde sera à la page. Essayons donc de traduire brièvement le discours du chef.Rhah dit donc : « te voilà enfin à l’aube d’un jour nouveau pour toi. Soit sans peur et sans reproche, bel ados, nie ce mal que t’as là. Tu es grand maintenant, il te faut faire tes preuves et faire désormais profiter la meute de ta juvénile vigueur, ramener abondante pitance à l’engeance, accomplir l’épreuve initiatique : rapporte la bête du fond de l’étang, tout cela avant que le soleil en son déclin montre le ciel qui poudroie. Ne tergiverses pas, prends tes jambes à ton cou, ton courage à deux mains et s’il te reste de la place quelque solide argument qui saura par convaincante manière éloigner les maux contraires à ton dessein. Ne me fait pas languir, vole au vent léger de ce doux matin de printemps, fait moi le serment de revenir mâle, hein ? - j’ai dit »


à suivre