22 avril, 2005

La saga des enfants chanteurs - RHEUHATHIK -2

A ces mots, ne se sentant plus de joie, le gamin s’éloigna tant bien que mal – pas encore très mâle, puisque mâle il sera devenu à la fin de la journée – enfin si toutes ces sales bestioles cruelles et sauvages veulent bien le laisser accomplir son voyage initiatique. Il avait un autre souci : une tribut étrangère à la région rodait dans les parages depuis quelques jours et cela ne présageait rien de bon pour ceux de son clan, surtout quand ils se promènent seuls dans les bois. Et les étrangers, que l’on avait aperçus au loin avaient de très très très gros arguments !
Le gamin avançait avec beaucoup de difficultés dans la forêt touffue car il avait non seulement les jambes et les mains fort occupés mais en plus il était pieds et poings liés par son serment, ce qui, vous en conviendrez, lui mettait le péril en sa demeure.
Cependant il retrouvait doucement son insouciance d’enfant au fil de ses pas. Il faut dire que la nature était si naturelle, les feuilles si vertes, les oiseaux si volant, l’eau si liquide, la petite Lalie si craquante qu’il était dur de garder un cœur de pierre (pas pratique pour courir !)
Pour un peu il en aurait oublié le but de sa longue marche solitaire quand tout a coup un effroyable rugissement créa une véritable panique chez tous les habitants de la forêt. L’enfant se figea sur place, tétanisé. Son cœur battit la chamade, il avait l’impression que des glaçons lui descendaient dans l’estomac. Le moment si redouté était arrivé, tout ce qui pouvait courir ou voler avait fui cette partie de la forêt laissant seul ce petit être inconscient, ce petit bout d’homme si désarmé, face au plus redoutable des prédateurs que la terre avait connu depuis des lunes. Tremblant des pieds à la tête, l’enfant chassa la panique qui commençait à l’envahir, en se concentrant sur les conseils que lui avait prodigués son aîné. Je ne vous en ferais pas ici le récit détaillé de peur de troubler le jeune chasseur. Il chercha du regard le plus gros arbre qu’il puisse trouver à portée de lui et couru si adossé. Son arme lui serait d’aucune utilité face au molosse, seule sa rapidité et sa dextérité pourraient lui sauver la vie et l’aider à remporter le combat qui s’annonçait titanesque.

à suivre...