Céline 11 -
Les trois amis, d’un même mouvement, se serrèrent fortement les mains et plissèrent les yeux à force de concentration. Les trois silhouettes si menaçantes un instant plus tôt stoppèrent leur marche en avant. Le silence devenait pesant. Le temps était suspendu – arrêt sur image ! Et puis d’une façon incompréhensible ils reculèrent d’un pas.
« Et bien les enfants on vous laisse, amusez-vous bien ! » Ils tournèrent les talons et remontèrent l’escalier. Le silence revenu, les enfants en question étaient encore immobiles, stupéfaits, ne comprenant toujours pas ce qui c’était passé. Samantha rompit le silence en premier :
« Pourquoi ont-ils changé d’avis ? Vous avez ressenti, quand nous nous sommes pris la main, cette sorte de vibration ? J’ai l’impression qu’à tous les trois on dégageait un espèce de fluide, une volonté de les faire partir ? C’est pas magique ça ? Et puis pourquoi j’ai cru vous avoir vu tout à l’heure ? Et … »
Elle tournait autour de Céline et Thomas, faisant des grands gestes, les yeux exorbités. Samantha était au bord de la crise de nerfs, et elle parlait, parlait… comme si rien ne pouvait l’arrêter. Céline et Thomas essayaient de la calmer, la prenaient par les épaules en lui parlant doucement, que tout était fini, qu’il fallait rentrer, qu’il ne fallait pas qu’on les trouve là, que les parents allaient s’inquiéter, que, que … mais rien y faisait, Samantha était trop énervée – symptôme post traumatique diraient certains – et finit par tomber en larmes dans les bras de Thomas. Se sentant tout gauche, ne sachant pas quoi faire de ses mains, il jetait des regards désespérés à Céline. A vrai dire il était rouge écarlate.
Une fois au dehors, Samantha leur expliqua comment elle s’était retrouvée ligotée et bâillonnée dans la réserve. En fait, elle n’avait pas quitté le gymnase où elle avait eu cours en dernière heure ce matin. Elle avait l’habitude de sortir la dernière du vestiaire et en franchissant la porte, quelqu’un la prise par derrière, lui masquant les yeux et lui mettant un gros chiffon sur la bouche et le nez. Puis … plus rien ! Le noir, la peur, le silence, affreux ! Qui, pourquoi ? Elle n’en savait rien, ils ne lui avaient rien dit. Au fait ! et ses parents ? ils devaient s’inquiéter. Se frappant la tête, elle chercha son portable dans sa poche. Il était éteint. En le rallumant, elle trouva cinq messages de sa mère. Elle la rappela aussitôt
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