13 mai, 2005

La saga des enfants chanteurs - la tribu de Shana 7

Shana - 7 -

Les légions romaines se faisaient de plus en plus pressantes et les villages gaulois avaient bien du mal à coordonner leurs forces pour contenir l’avance des redoutables colonisateurs. En Armorique la situation n’était guère brillante d’autan plus que les fils de Vénétrix s’étaient dispersés dans toute la Bretagne en allant chercher des épouses bien loin du fief paternel.
Shana était maintenant une resplendissante jeune femme dans sa seizième année. Elle attirait les convoitises de tous les jeunes guerriers de la région qui venaient régulièrement faire leur cour. Courir le guilledou était cependant bien loin de ses préoccupations. Elle gardait à l’esprit les derniers mots de son père : « Unissez-vous face aux romains »
On la voyait le plus souvent sur son fier destrier, galopant par monts et par vaux, essayant de fédérer les chefs des villages, de former des alliances. A chacun de ses prétendants elle tenait le même discours : « rassemblons-nous, groupons nos forces. Les romains seront bientôt à nos portes et vos bravades n’auront que peut d’effet sur l’armée de César »
L’effet produit ressemblait en fait à une douche glacée sur la flamme des jeunes roquets bien trop fiers et prétentieux pour assimiler et accepter les sages conseils de la belle amazone. Bien mal leur en a pris.
Les légions romaines avançaient à marche forcée, faisant plier à la volonté du futur empereur tous les chefs gaulois qui tentaient de s’opposer à la troupe disciplinée. Elles étaient maintenant presque en vue du village de Shana et les chefs des villages voisins en étaient encore à se disputer le commandement. Finalement ils s’avancèrent en ordre dispersé face à la troupe impressionnante dont le martèlement des pas faisait trembler le sol de granit. Le ciel était noir, le crachin oppressant. Le massacre pouvait commencer, les dieux gaulois tournaient le dos à leurs serviteurs si arrogants.
Les deux armées n’étaient plus séparées que par quelques centaines de mètres et quelques malheureux buissons de genêts…